À l’aube, le voile épais qu’est la nuit se soulève. Alors que les premiers rayons luisent, tout reste éteint autour de moi. J’aimerais voir le ciel, sentir l’air baiser délicatement mes joues, le soleil embraser ma peau mais je suis captive d’une brume, si épaisse que je vois à peine ce qui m’entoure. Le peu que je vois je le connais par coeur, j’en ai analysé les moindres aspérités, tout me parait fade, ennuyeux. Même si je me tordais le cou, je ne verrais rien de nouveau, je tourne en rond, semblerait-il depuis toujours. Je me demande si j’ai déjà connu autre chose, autre chose que cette cage qui me fait suffoquer. Si on me permettait d’en sortir, si on me libérait enfin, mes membres engourdis ne pourraient pas me porter. Au moment où je perd espoir, j’entends un murmure lointain, une voix qui tinte. Je rassemble tout mon souffle pour lui répondre, seul un son étouffé sort, il semblerait que j’ai oublié comment chanter. Alors que le crépuscule tombe, cela n’a plus d’importance.